Henri
Granier, boulanger :
" Mon pain, c'est ma vie ! "
Il
y a sept ans, il a tout quitté pour
venir vivre en Ariège et y faire
son pain. " Je suis re-né,
ici. Moi je fais du pain, parce que j'aime
ça, pas pour gagner ma vie. Autrefois,
le pain était un aliment respecté
Je veux retrouver le respect de cet aliment,
dans la qualité que j'offre ".
Henri utilise une farine bio, qu'il achète
à " un vieux meunier du feu
de Dieu ". Avant de l'utiliser,
il lui laisse " le temps de retrouver
ses esprits après la mouture, dans
l'idéal une semaine, jamais plus
d'un mois ". Il fait son propre
mélange de froment T110, T80 et seigle,
pour obtenir un goût très particulier.
Il y ajoute de l'eau de sa source, du sel,
et le levain naturel qu'il a fait. Il pétrit,
bien sûr à bras, et façonne
des boules de 2kg, " la consommation
hebdomadaire d'un adulte ". Et
au sortir du four, il laisse le pain "
se réveiller là où
il est né. Quand il est chaud, le
gaz carbonique encore à l'intérieur
sort et est remplacé par l'air ambiant.
Alors je ne le donne que quand il est refroidi,
pour être sûr que la personne
va manger aussi un peu de l'air des montagnes
d'ici ! ".
Henri fournit la Biocoop locale de Saint-Giran.
Il conseille de conserver le pain à
température ambiante, dans un linge
de coton ou de lin propre, lavé sans
lessive ni savon et consacré uniquement
à cet usage. " Parce que
le pain est vivant, et qu'il entre en osmose
avec ce qui l'entoure. Conservé comme
cela, il va rassir normalement "
Il entre dans une démarche de transmission
de son savoir, et organise des stages. Il
vient d'écrire un livre, " Apprendre
à faire son pain au levain naturel",
sorti en septembre (éditions Ouest-France)
et a également conçu un site
internet magnifique pour que chacun, grâce
à ses conseils, puisse faire à
la main son propre pain (http://www.opain.com).
Dossier rédigé
par Véronique Bourfe-Rivière
(Paru dans Consom'action n°20)
Lire
la suite